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N’en déplaise aux actuels partis et mouvances politiques se réclamant du « 14 mars » (vs ceux du « 8 mars »), cette journée du 14 mars reste, des années et bien des événements après, vraiment liée à de grands espoirs de changement pour beaucoup de gens au Liban. L’idée de lancer ce blog à partir de cette date-symbole me plaît: cette date n’appartient pas aux hommes politiques, elle revient aux milliers de personnes qui ont manifesté ce jour du 14 mars 2005.
Elle revient aux gens de la rue, à ceux qui ont eu ce jour-là un espoir fou, absolument fou : constituer une nation, enfin!
Oui nous y avons cru, oui nous avons récité à voix haute le sermon de Gibran Tuéni (nous étions des milliers, nous étions vingt et cent…): « Musulmans et chrétiens, nous jurons de rester unis à jamais »…
Le rêve est brisé depuis très longtemps : dès le lendemain du 14 mars 2005, il s’était évaporé sous les discours des politiciens et leurs savants calculs électoraux. Dès ce 15 mars 2005, nous étions redevenus des gens divisés, dominés, dûment répertoriés selon les listes électorales par registres familiaux d’état-civil et par confessions.
Nous avions pourtant juré, la veille …
Nous avions redécouvert que nous n’étions rien de plus, au fond, que de la chair à canon électorale.
Voilà pourquoi le « printemps de Beyrouth » n’a pas survécu… au début du printemps: les préoccupations des politiciens ne sont pas du tout celles des gens de la rue, au Liban encore plus qu’ailleurs.
Blog « dormant », je le réveille en hommage à cette journée du 14 mars 2005 dans un pays plus que jamais ouvert à toutes les dérives. J’espère contribuer à faire entendre les gens pris dans leurs quotidiens, par-delà les vociférations, menaces, promesses et autres discours creux des politiciens et « responsables » libanais.
J’essayerai de montrer comment les Libanais peinent à devenir des citoyens « simples civils », embourbés qu’ils sont – à l’image de la Constitution du pays -, dans les méandres délirants du piège confessionnel.
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