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Mohammad Chatah est mort. Un martyr de plus, un homme politique de plus, toujours du groupe du 14 mars.

A la télévision, toutes les chaînes ont organisé ce soir des directs sur le sujet à l’heure du prime time, comme à chaque assassinat. C’est une tradition.

Et les interventions des uns et des autres, selon les tendances politiques de la chaine, défilent, attendues; pas de surprise notable. Certains se déchaînent, d’autres ont une colère ou une tristesse plus contenue.

Qu’ont appris les gens devant leurs écrans?

Que l’homme était mesuré, cultivé, ouvert, etc.

Et selon les chaînes, que les auteurs de l’attentat sont le Hezbollah, ou Israel, ou les ‘Taqfiriyyîn’…

Dans les journaux, sur Facebook, règne le même climat de division… très peu pondéré!

J’ai de plus en plus l’impression de parler dans un désert: la volonté de vivre ensemble paraît chaque jour plus compromise.

Tout le monde est d’accord pour louer, célébrer l’homme modéré qu’était Mohammad Chatah. Mais il y a si peu de modération, de pondération dans tout ce spectacle!

Je ne sais pas s’il y a encore de la place pour la modération au Liban: je veux dire, de la place pour le Liban.

Ces derniers jours de l’année 2013 annoncent un horizon particulièrement sombre.

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