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Mon beau, mon tendre, mon merveilleux zaïm,

Je sais que tu m’as toujours demandé de ne pas réfléchir. Mais, au bout de 40 ans de retour à la case départ et on retombe dans les mêmes trous, mon cerveau commence à voir venir tout seul. Je sais que tu penses que tu tiens le monde par les deux et que tu es plus sage que le Dalaï Lama, plus intelligent que Stephen Hawking et plus fort que Rambo quand il a dit « je suis ton cauchemar ». Mais, après toutes tes expériences qui ont mal tourné, tu devrais savoir que le sort des batailles ne se décide pas avec ta basse-cour d’illuminés, mais calmement autour d’une tasse de thé à Washington: on envoie des armes lorsqu’on veut faire gagner et on oublie d’envoyer les cartouches lorsqu’on veut faire perdre.

Depuis le temps, aussi, à force de défaites, tu aurais dû apprendre de toutes les leçons que tu me fait subir. C’est vrai que c’est pas toi mais moi qui paye les pots cassés à chaque coup, mais ce serait mignon si pour une fois, une fois seulement, tu faisais comme Walid beyk et tu sautais sur la case d’à côté, juste avant que ne s’écrase le marteau sur ma tête comme dans le jeu tape-castor.

Quoi qu’il en soit, mon zaïm, vu que tu es trop occupé à compter mon fric dans tes caisses, laisse-moi te prévenir que tu es mort mais que tu ne le sais pas encore. Pas mort pour de vrai évidemment (ça n’arrive qu’aux victimes de ta politique) mais politiquement parce que tu as parfaitement manœuvré comme un imbécile depuis que les frères sont partis en 2005.

Mais ne t’en fais pas mon beau zaïm, ce n’est qu’une simple remise à zéro, un « soft reboot » comme on dit. Apres la défaite, en bons arabes, on sortira tout fiers de notre trou en faisant le « v » de la victoire et en expliquant qu’on a gagné même si on a perdu. Ensuite, on expliquera comment nos alliés sont maintenant nos ennemis, et nos ennemis, nos alliés. Ça devrait bien se passer puisqu’il n’y a pas longtemps, nos alliés étaient nos alliés et nos ennemis, nos ennemis. Le revirement politique sera aussi l’occasion d’engager la jeunesse darwiniennement apte: lorsque deux zaïmistes font un bébé, ce n’est pratiquement jamais bébé-Einstein. Et enfin, le scrutin viendra encore une fois prouver que la loi des plus cons est toujours la meilleure, et ce sera le retour dans le futur encore et encore.

Oui, mon doux zaïm, dans le pays des poissons rouges, tu peux dormir tranquille parce que, quoi qu’il advienne, pour nous, c’est « à la vie, à la mort mon zaïm », même si, pour « la vie », c’est vachement discutable.

Dévoueusement vôtre,

Votre serviteur.

P. S. : Cette lettre a été publiée sous forme de post sur Facebook à l’adresse  https://www.facebook.com/nasri.messarra

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