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LEBANON

Je suis trois consonnes et deux voyelles dont le désordre fait curieusement le ‘Bilan’.

J’ai créé l’alphabet avec une multitude de lettres pour former des mots transformés en nuée de maux aux dépens de l’être.

Je commence par L, elle la Liberté de ma patrie, flétrie par mes larmes, pétrie par les armes de tous mes partis.
L, la Ligne de démarcation qui m’a longtemps divisée, la Ligne bleue que je n’ai jamais su tracer, la Ligne rouge que j’ai toujours dépassée.

S’en suit le I de mon indépendance poursuivie, perdue, ensevelie.
I comme l’Ingérence de ces forces étrangères qui m’avilit.
I comme cette Insouciance qui me maintient en vie et nourrit mon légendaire Instinct de survie.

B est à mon centre, c’est mon capital, ma capitale, qui n’en finit pas de renaître de ses cendres.
B comme toutes les batailles que j’ai gagnées en perdant la guerre,
B comme la Beauté de ma terre dont le passé me réjouit et le présent m’atterre.

Puis s’ajoute un A, pour les antagonismes qui m’ont déchirés, pour l’Anarchie qui m’a dévorée,
A pour l’Amnésie de mon histoire et l’Amnistie sur mes déboires.
A pour mon Ambitieuse évolution, pour mes Amères révolutions,
A comme mes Amarres larguées en Méditerranée, pour mon Ancrage dans le berceau de l’humanité.

Vous ne trouverez pas de E dans mon anagramme si complexe.
Pourtant le E est en moi, porteur d’Espoir et d’Enracinement, prôneur d’Entente et de nobles Engagements,
Le E qui manque à mon État de droit, me donnera-t-on le droit à son Engendrement?

Je (me) termine par un N, pour tous les Non que je n’ai pas su dire, pour tous les Noms que je devais maudire.
N pour ma (re)Naissance cent fois avortée, pour mes Naufragés, mille fois repêchés.

Pourrais-je un jour finir sans haine, par un grand N pour une Nation qui se panse, prend une pause, se repense et se recompose?…

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