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Osons les gens de Dalieh vs les actionnaires de Solidere!

Osons la ville à vivre et non la vitrine!

On parle beaucoup au Liban! Il paraît que ces 12 femmes et 12 hommes de « cette » liste Beirut Madinati, à parité totale, du jamais vu dans ce pays – où les femmes peinent à exister sur le même plan que les hommes – n’ont aucune chance. Il paraît qu’ils et elles sont « bien gentils », « bien compétents » mais que ce n’est pas le plus important, ce n’est pas le plus demandé par les gens appelés à voter ce dimanche 8 mai.

Et que voudraient donc les bonnes gens de Beyrouth? Remettre en selle telles familles, tels partis, telles allégeances « traditionnelles » ou récentes à des leaders connus et corrompus?

Veulent-elles vraiment, encore et toujours, le rouleau compresseur des partis confessionnels? Vous savez, ceux qui s’insultent et s’étripent toute l’année et qui font amis-amis juste pour promettre la lune et les étoiles, rafler la mise puis éteindre la lumière (l’espoir) derrière eux!

Il paraît aussi que Beirut Madinati c’est la liste des bobos-cools. Et alors? ce n’est pas insultant ni dépravant d’être bobo! Cool non plus, d’ailleurs! « Bobo » c’est un truc d’inclassables en fait, des gens « créatifs » souvent, bourgeois très rarement!

Avec Beirut Madinati nous redécouvrons, au sens littéral, le politique au Liban d’une autre manière, il contient du rêve, de l’espoir à l’horizon! Cette équipe jeune, dynamique, moderne ressemble à vous et moi, elle est pleinement ancrée dans le réel et présente un programme de travail municipal en bonne et due forme. Elle est même la seule équipe qui propose non seulement une contre-politique au « système » actuel mais un véritable programme, disponible en deux langues (arabe et anglais) et publié sur un site dédié, d’action locale!

Tout citoyen libanais lambda, bobo ou pas, cool ou pas, résident à Beyrouth ou au Liban ou pas, a l’occasion de découvrir qu’avec Beirut Madinati une autre manière de faire du politique est possible au Liban. Par des gens de la rue, avec eux, dans leur langage, avec leurs moyens (financiers, culturels, académiques, artistiques, techniques etc.), main dans la main: en coopération. Voilà ce qui personnellement m’emballe dans ce mouvement; pas besoin de promesses faramineuses ni de chèques en blanc sur une situation municipale qui nécessitera, à coup sûr, une fois les élections terminées, un audit en bonne et due forme!

Avec les Nadine Labaki, Ahmad Qaabour, Nada Sahnaoui, Léon Telvizian, Serge Yazigi et les autres c’est une nouvelle étape dans la citoyenneté et dans le rapport au politique qui est franchie : nous passons (enfin!) au mode de communication directe avec les citoyens-électeurs (dans les rues et sur les écrans) façon 21ème siècle et non pas façon taxis et vans crachotant de la « musique » à tue-tête dans les rues avec des portraits de candidats encravatés placardés partout!

Cette liste ne propose pas de candidats mukhtars – à ma connaissance: au plan purement politique et électoral, cela jouera en sa défaveur. On comprend que les gens d’en face sont en train de s’étriper (pardon, de négocier) pour se partager le nombre de mukhtars qui devront concourir sous leurs couleurs respectives, orange, vert, bleu dans une séquence bien rôdée de « petits arrangements de toutes les couleurs entre amis ». Tout simplement parce qu’un mukhtar est une « clé électorale » dans le quartier où il est le représentant de l’état-civil des individus et des familles. Et une clé pour préparer les votes lors des élections ultérieures, législatives.

Au total, sans préjuger des chances de Beirut Madinati de gagner des sièges, l’important est qu’on constate qu’une autre politique, et une autre façon de faire de la politique, en prenant les gens au sérieux, en adultes et responsables, est possible au Liban!

Je me prends à rêver: et si dimanche, dans un sursaut de responsabilité civique, citoyenne, les électeurs montraient qu’ils existent et pas qu’à la plage ou dans leurs salons, en critiquant sur leurs écrans Facebook et Twitter mais (aussi!) en descendant voter?!

Et si ces élections deviennent, pour le coup, un premier geste/refus citoyen politique fort? Parce que ce qui concerne Beyrouth concerne tout le Liban, qu’on ne se leurre pas.

Il faudrait juste OSER un premier pas, il faudrait qu’une première pierre tombe dans ce mur, il faudrait un premier pavé de travers devant le rouleau compresseur des partis confessionnels et des poubelles.

Et si… l’espoir peut renaître? Il faut oser, pour espérer. Ne pas attendre les autres mais sortir de nos gestes frileux, peureux et dégager la route, forcer le mur, casser, enlever un pavé : il nous faut OSER le changement avec ces 24 femmes et hommes courageuses, courageux de Beirut Madinati!

Osons donc bousculer cette oligarchie qui nous étouffe de servitudes et compromissions!

 

 

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