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Aujourd’hui je retrouve les larmes que j’avais il y a un an, un 13 novembre 2015.

Je pense à mes amis, à ma famille, à ceux que je ne connais pas qui sont morts.

Je pleure de ce que le monde est devenu et de ce qu’il devient depuis un an et bien plus d’un an.

Je pense à mes amis qui ont été là et qui ont pleuré avec moi le 13 novembre dernier et avec qui nous avons été en terrasse lutter contre le terrorisme. Parce que oui, pleurer ensemble, se parler en buvant des bières, se prendre dans les bras et se regarder dans les yeux c’est lutter contre le terrorisme.

Je pense à mes amis et à ma famille et à ceux que je ne connais pas qui sont morts aux Etats-Unis. A ceux qui sont morts dans une fusillade alors qu’ils allaient à la fac ou dans une boite gay. Aux hommes noirs morts de la haine et de l’oppression raciale, à ce jeune étudiant saoudien assassiné le soir d’halloween.

Je pense à tous les noirs, juifs, latinos, musulmans, femmes ou hommes blancs progressistes et humains qui vont devoir assister aux croix gammées sur les murs, aux ratonnades, aux défilés du KKK et à la suprématie blanche qui va être à la têtes des institutions les prochaines années.

Je pense à mes amis, ma famille et tous ceux que je ne connais pas au Liban, frappé un jour avant Paris par un attentats des plus lâches et ignobles. A ces gens qui sortaient de la mosquée ou à ces gamins qu’on avait envoyé acheter du pain à l’épicerie.

Je pense à tous ceux au Liban qui ont aussi pleuré deux jours après et qui m’ont appelé ou m’ont demandé si j’allais bien. Bien sûr que j’allais bien, comment pourrait on ne pas aller bien quand on connais des gens aussi merveilleux.

Je pense à Leila et aux victimes de l’attentat de Ouagadougou que je ne connais pas.

Je pense à mes amis, ma famille et ceux que je ne connais pas en Syrie qui prennent des dizaines de bombardements chaque jour du pouvoir faschiste d’Assad et de Poutine et qui, malgré le fait qu’on les aient tous abandonné, tenaient des bougies et des pancartes le soir du 13 novembre avec écrit “Pray for Paris”.

La Syrie au coeur, la Syrie toujours, l’avenir de la Syrie révolutionnaire qui est le seul espoir de l’humanité et qui est pour cette raison, combattue massacrée et niée par tous les faschismes.

Je pense à mes amis, ma famille et ceux que je ne connais plus, que j’ai abandonnés en cours de route à qui je n’ai pas eu le courage de dire qu’ils prenaient la mauvaise direction ou ceux à qui j’ai eu le courage de le dire mais qui n’ont pas pu le supporter.

Je pense à mes amis, ma famille et ceux que je ne connais pas qui gisent au fond de la Méditerranée, victimes du faschisme qui les massacre et du faschisme qui met des murs et des barbelés.

Et je pense aussi à mes amis, ma famille et ceux que je ne connais pas en Allemagne et qui portent seuls l’humanité et l’histoire de l’Europe malgré les faschismes qui voudraient les diviser pour qu’ils cessent de le faire.

Je pense à mes amis, ma famille et ceux que je ne connais pas en Belgique qui en étaient presque à s’excuser de l’existence de Molenbeek le lendemain du 13 novembre et qui, malgré les attentats qui les frappent, dédient leur vie à lutter contre le faschisme, le terrorisme, dans l’humour, dans la réflexion ou dans la narration.

Je pense à Léonard Cohen et David Bowie qui sont partis trop tôt et qui n’auront pu voir que la montée du faschisme et non la lutte que nous allons mener.

Et pour eux je vais me battre et je sais que mes amis, ma famille et ceux que je ne connais pas seront toujours à mes côtés.

……………

Définition du fascisme (dictionnaire Larousse):

– Régime établi en Italie de 1922 à 1945, fondé sur la dictature d’un parti unique, l’exaltation nationaliste et le corporatisme.

– Doctrine ou tendance visant à installer un régime autoritaire rappelant le fascisme italien ; ce régime lui-même.

– Attitude autoritaire, arbitraire, violente et dictatoriale imposée par quelqu’un à un groupe quelconque, à son entourage

 

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