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Tant qu’il me restera un souffle, de vie ou bien de mots, de vie aussi en mots, je m’époumonerai doucement.
Je dirai le lent balancement du ciel dessus la branche, l’air léger du printemps et ses odeurs de vent. La mer à pleine bouche et le sel sur ma langue. Les chemins à cailloux qui roulent sous l’accent. Les pas à regarder le beau à l’infini.
Je ne frapperai l’homme qu’au regard du bon sens. Comme un rappel à l’ordre immuable des choses que nous avons trahies. Cette fraternité de l’arc en ciel bafouée et en loques. Et je tendrai la main à mes semblables humains pour former une chaîne qui libère le monde.
Je dirai la rencontre quand je n’y croyais plus, et je donnerai tout, envers et contre tous, pour aller au plus vrai et quel qu’en soit le risque. Il arrive un moment où l’on sait que c’est là, et l’on ne compte plus. On donne ce qu’on est. A ne plus rien en perdre. Ou tout. Mais c’est pareil.

Tant qu’il me restera un souffle, de vie ou bien de mots, de vie aussi en mots, je m’époumonerai doucement. Afin que l’on m’entende, sans qu’il y ait de peur. Je suis au vrai de moi. Au plus haut que l’on peut. Il fallait tout ce temps pour respirer enfin.

Et si j’y perds mon souffle, il restera le vent.

Jean DIHARSCE

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